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Dedoimedo

La meilleure Distribution Xfce de 2018

DEDOIMEDO le 5 décembre, 2018. Traduit par Cyril Cottet.

L’année touche lentement à sa fin. Et ça veut dire une chose! En fait, deux. Festivités et stress test du foie pour la plupart des gens (c’est la première), et l’évaluation de distributions Linux. En effet, la presque-année passée a vu de nombreux ISOs gravés et lancés. Respectant la  tradition des années précédentes, nous allons examiner le paysage de cette année et attribuer certaines récompenses, et le premier environnement de bureau à subir notre analyse verbale sera Xfce.

Avant de commencer, gardez ça à l’esprit. Cet article est totalement subjectif. C’est aussi un article dont la portée est limitée, car il existe tant de distributions et si peu qui ont été Dedoimedosées – Façon Highlander, il ne peut en rester qu’une. Aussi je vais me focaliser sur les systèmes que j’ai testés et essayés. Si vous n’apercevez pas votre Linux favori, ne partez pas en croisade contre moi sur le champ. A la place, partagez votre propre expérience, et peut-être que l’année prochaine, je choisirai celle-ci parmi les nombreux délices qui existent. Maintenant procédons de manière paisible et civilisée.

Candidate 1: MX Linux MX-17 Horizon

Depuis quelques années, MX Linux est devenu un joueur plutôt constant dans un marché assez tumultueux. La distribution basée sur Debian semble avoir trouvé son point d’équilibre vers 2015, après plusieurs incarnations sauvages et moins glamoures, et depuis, elle s’est lentement, régulièrement améliorée tout en conservant son approche humble et pragmatique.

L’édition de cette année ne fait pas exception. En fait, elle est meileure que sa prédécesseure dans tous les domaines. MX-16 était plutôt raisonnable, avec peu d’aspects originaux, et elle avait encore des bugs. La plupart ont été corrigés dans la mouture 2018. L’aspect visuel est bien plus élégant qu’auparavant, la boite à outils est plus raffinée et pratique qu’avant. L’expérience clé en main est plaisante, y compris l’import des données de la session live dans votre système installé, ce que peu de distribution s’embêtent à faire.

J’ai lancé le premier test avec MX-17 sur un vieux portable – qui va sur ses dix ans – doté d’une carte Nvidia, et ce fut une expérience agréable et sans aucun problème. C’est d’ailleurs un autre point fort de MX Linux – ses performances exceptionnelles. Frugale, légère, souple. Pour ceux qui veulent se simplifier la vie dans le dur monde de Linux à la maison, MX-17 est un choix intelligent et unique.

Candidate 2: MX Linux MX-17 Horizon (pas d’erreur)

J’ai été si satisfait de MX Linux que j’ai étendu ma phase de test à une autre machine, qui a prouvé et réaffirmé cette première phase de découverte. La faire fonctionner sur un nouveau système a aussi révélé des performances encore plus étonnantes et une autonomie exceptionnelle. MX Linux a presque tout ce dont on a besoin pour prendre du plaisir – elle respire la solidité, tous les goodies dès le départ, elle était stable et rapide, et je suis particulièrement impressionné par la cohérence et la vitesse, car peu de distributions conservent les qualités entrevues au départ, et un cercle vicieux de régression se met en place. Pour la troisième année de rang, MX Linux a tout d’une distribution pro.

Candidate 3: SwagArch 18.02

Une distribution sympathique et frugale sous Xfce, basée sur Arch, chargée de goodies modernes et avec un look qui fleure bon la modernité. C’est certainement la meilleurs manière de résumer l’intitulé de la mission de  SwagArch, une petite distribution de niche basée sur le système qui fait trembler de terreur les petits nouveaux.

Mon expérience n’était pas parfaite. Cette distribution a de bons aspects, mais elle s’éparpille trop. J’ai rencontré des problèmes de réseau et de polices, l’installation de Steam, les dépendances des paquets, et quelques autres problèmes. J’ai été satisfait de la configuration des pilotes Nvidia et de la performance globale, mais mon impression générale était celle de l’inconstance, avec quelques éléments brillants et d’autres plutôt étranges voire même décevant. SwagArch n’atteint pas la masse critique des éléments de base dont on a besoin et que l’on attend pour décider de tolérer certains des aspects moins urgents.

Peut-être qu’avec le temps, SwagArch va prendre ses aises et grandir. Après tout, la plupart des distributions réussissent rarement du premier coup. J’ai été plutôt négatif concernant MX Linux (et ses prédécesseurs) et Xubuntu pendant plusieurs années, et regardez où nous en sommes maintenant. Pour le moment, pour moi, l’un des exemples les moins réussis de bureau Xfce récent.

Candidate 4: Manjaro 17.1.6 Hakoila Xfce

Manjaro et moi avons une relation interdite. Comme Romeo et Juliette, excepté qu’aucun de nous n’est humain. C’est aussi une distribution basée sur Arch, et elle essaie de minimiser tous les petits points bloquant l’utilisateur. En 2018, j’ai lancé plusieurs tests sur Manjaro, mais nous parlons de l’édition Xfce, aussi vais-je me focaliser sur elle.

Lors de mon test, Hakoila a livré quelques points magnifiques – comme l’ intégration de Microsoft Office Online, par exemple, qui est une des meilleures applications ayant récemment atterri sur les bureaux Linux. Oui c’est simplement un programme encapsulant une application Web, mais même ainsi, c’est la première fois que quiconque prend la peine de donner aux utilisateurs de Linux un accès propre à la suite bureautique la plus populaire, et c’est un aspect positif de la manière qu’a Manjaro de percevoir et de traiter son public. Mais le côté réseau des choses fut moins qu’idéal, avec des tonnes de bugs, et l’expérience fut largement incohérente avec le reste de la famille Manjaro.

Enfin, l’expérience Hakoila a été légèrement moins couronnée de succès que Gellivara, vue l’année passée. C’est un moment crucial et nous l’avons vu avec MX Linux et Xubuntu. C’est difficile d’être toujours à la pointe, en particulier quand la majeure partie de la scène des bureaux Linux stagne. Néanmoins, tout n’est pas négatif, loin de là. Manjaro 17.1.6 est une distribution très correcte. C’est une rolling release, aussi une fois que vous l’avez installée, toutes les mises à jour suivent.

Candidate 5: Xubuntu 18.04 Bionic Beaver

Je portais de grands espoirs sur Xubuntu 18.04, car c’est une LTS. A cette époque, je recherchais aussi un nouvel OS pour mes systèmes de production (ceux qui fonctionnent sous Linux), et c’était un des mes choix potentiels. Vous savez probablement comment l’histoire s’est terminée, et si ce n’est pas le cas, nous pourrons en parler lorsque nous discuterons de la meilleure distribution Plasma, vous voyez le topo. Enfin, j’attendais avec impatience Bionic Xfce, en particulier depuis que Xubuntu semblait avoir traversé une période difficile dernièrement, luttant pour accroître ses performances et continuer à innover.

Hélas, Xubuntu 18.04 a été moins que parfaite. Pas mauvaise. Mais simplement pas fabuleuse. C’était correct, jouant la carte de la sécurité, du compromis. Fonctions raisonnables, cochant toutes les cases, en quelque sorte, mais sans prendre de risque, ou apporter quelque chose de tranchant par rapport à la concurrence. Elle n’a bien sûr pas répondu à mes attentes pour une LTS, et il n’y avait rien de nouveau du point de vue Xfce, quelque chose que MX Linux réussi à faire avec du flair.

Lorsqu’on en vient aux détails techniques, c’est une distribution très rapide mais avec une autonomie moins qu’idéale, un support fiable des téléphones et média, un support réseau moyen, des polices plutôt mauvaises, et une apparence par défaut insipide qui prend un temps fou à faire vivre, accompagnée par un vent contraire de bugs et problèmes qui sapent l’enthousiasme. Pas mauvais, mais nous avons vu bien mieux.

Candidate 6: Xubuntu 18.10 Cosmic Cuttlefish

Une autre Xubuntu, et c’est l’édition de la saison. Typiquement, la famille Ubuntu diffusée entre les jalons majeurs LTS est quelque peu brute, conçue pour être des démonstrateurs techniques, dotée d’une courte durée de vie et des bugs à attendre. De temps en temps vous avez un vrai joyau, comme la spectaculaire Zesty.

Globalement, Cosmic est plutôt cohérente – très similaire à Bionic, ce qui n’est pas la meilleure des nouvelles, parce que celle-ci à des bugs et la suivante aussi. L’apparence est fade, la connectivité est présente, mais vous devez alors passer un temps fou à rendre le bureau présentable avec des bugs visuels qui ne disparaissent pas. J’ai rencontré des crashs ici et là, et à la fin, j’avais une distribution standard, fonctionnelle, sans amour entre mes mains, qui n’entraîne aucune sorte d’excitation. C’est comme si elle essayait d’être un homme gris, une personne invisible parmi la foule. Xubuntu Cosmic était correcte, mais elle contient les problèmes d’enthousiasme les plus larges de la communauté Xfce. C’est en partie compréhensible, parce qu’une grande quantité d’énergie s’est concentrée dans le bureau MATE, très similaire mais si différent en même temps. Et des développements plutôt cool ont été menés dans ce domaine. C’est une autre histoire cependant.

Et la gagnante est …

Encore une fois MX Linux. J’ai prêté plus d’attention et d’intérêt à Xfce cette année que l’année passée, mais les sentiments restent les mêmes. Le bureau Xfce desktop semblent avoir calé, et se trouve dans des limbes étranges, à la fois meneur et suiveur. MX Linux semble bien être l’exception à cette règle. C’est une petite distribution, mais elle se dresse fièrement, et vient avec son lot de goodies. Les outils MX et la sauvegarde de session font partie de nombreux aspects utiles et pratiques, et on les retrouve rarement ailleurs.

Année après année, MX Linux s’améliore, devenant plus agréable, amicale, plus stable, plus logique, plus tout. MX-17 Horizon en garde les bons côtés, et améliore son look, sa cohésion globale et son ensemble d’outils. Si vous recherchez un produit léger, rapide, robuste et doté de toutes les choses intéressantes que les utilisateurs recherchent au démarrage, c’est un excellent choix. Avec un avertissement – elle est trop petite pour contenir l’océan.

En allant plus loin, MX peut encore évoluer bien sûr. C’est un bureau classique typique, ce qui veut dire qu’il est entièrement local, et n’a pas de fonctionnalités venant d’un “autre monde”. Je parle de connectivité en ligne et d’outils d’intégration inter-système qui pourrait la rendre plus attirante pour les utilisateurs de Windows. C’est difficile pour une petite distribution, mais ça pourrait être le facteur différenciant majeur. Tout comme avoir une édition LTS, et être capable de supporter un ensemble d’outils uniques encore plus étendus. Eh bien, étant donné la tendance actuelle et les résultats positifs, ça pourrait être envisageable. Actuellement, c’est probablement le point numéro à l’encontre d’une adoption plus large de MX Linux.

Conclusion

J’aime faire ces compilations. Elles m’aident à aller plus loin, et essayer d’identifier des tendances dans le monde de Linux. Nous n’avons pas encore abordé les articles sur Gnome et Plasma – ils arrivent bientôt – mais du côté de Xfce, il semble que nous ayons atteint un plateau, les acteurs historiques sont en attente, et quelques projets plus petits essaient de faire irruption et réussissent. Peu le font exceptionnellement bien, d’autres un peu moins. MX Linux semble s’être emparé du trône.

Manjaro est un autre candidat solide. Avec Xubuntu comme troisième option, ce trio offre une expérience hors sentier inédite pour les linuxiens. Mais Xfce a un besoin vital de rafraîchissement. C’est un bureau comme on en faisait au milieu des années 2000. J’aime ça, mais je suis aussi conscient des besoins modernes qui se font sentir, et Xfce devrait s’y mettre. Ce n’est pas détruire ou liquider ou quoi que ce soit d’autre – il s’agit de prendre conscience qu’il existe de nouveaux aspects de la technologie dont ont besoin les utilisateurs, et s’ils peuvent les avoir directement intégrés au cœur de l’expérience du bureau, alors tout le monde sera gagnant. Pour le moment, MX Linux part favori. Honnête, unique, rapide et élégant. Mettant ainsi un point final à cet article. La suite très prochainement.

Salut.

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